Les premiers effets de l’initiative 12% se font sentir sur les services publics, et la droite cherche à appauvrir encore plus l’Etat. Le POP défendra résolument les prestations à la population et les conditions de travail du public, et proposera de nouveaux revenus pour que l’initiative ne pénalise pas les plus précaires et la classe moyenne.

Les annonces budgétaires qui suivent la baisse de 12 % de l’impôt sur le revenu dessinent un tableau préoccupant. 

La droite, encore ivre de sa victoire du 27 septembre, continue de creuser la tombe des services publics et des prestations sociales : au lendemain de la victoire, elle demande le rétablissement du bouclier fiscal, la suppression de l’impôt sur les successions. De son côté, le Conseil d’Etat a présenté ce mercredi les mesures destinées à absorber les 261 millions de pertes de revenu consécutives à l’initiative 12%. Aucune recette nouvelle n’est proposée, à part de puiser dans les réserves et de compter sur les contributions de la Confédération. L’équilibre des efforts entre recettes et charges est factice, bâti sur des recettes non pérennes. La population vaudoise est mise au service des plus riches.

Le délai de carence, mesure prise lors du budget 2026 pour compenser le prélèvement sur les salaires de la fonction publique, est prolongé. Aucune analyse financière n’a été menée pour évaluer les conséquences sur les prestations ni sur les conditions de travail des employé.e.s de l’Etat et du CHUV. 

La baisse du budget alloué à l’enfance est une révélation particulièrement choquante. La stratégie cantonale en matière de protection de l’enfance, dévoilée à peine en début d’été, est déjà amputée. Non-prise en charge des enfants victimes de violences, burn-out des professionnels, atteintes psychologiques : le coût de la misère, c’est celui-là. C’est un choix de société que les 12 % nous font prendre.

Le Conseil d’Etat prévoit aussi des économies de 11 millions sur les subsides à l’assurance maladie, alors que 40% de la population en bénéficie, et que le budget présenté en septembre comptabilisait déjà 30 millions d’économies sur les subsides. Alors que selon le rapport social du canton de Vaud sorti cette année, le non-recours aux subsides serait équivalent à 25%. Le subside LAMAL est un droit fondamental, qui permet d’éviter à une large partie de la population de tomber dans la pauvreté et de pouvoir continuer à se soigner, il faut impérativement le préserver.

24 millions sont consacrés à l’aide au développement économique, une politique dont la Cour des comptes constate l’inefficacité. Une économie minime est effectuée sur ce poste 800’000 francs, le même montant que celui imposé aux mesures d’intégration pour les enfants à besoins particuliers. On choisit de couper dans des services essentiels — santé, formation — plutôt que dans une politique dont l’inefficacité est désormais établie. 

Il est regrettable qu’il faille encore se serrer la ceinture, alors que des leviers existent. Nous appelons le Conseil d’État à se mettre à l’ouvrage et à chercher des recettes pérennes, plutôt que de sacrifier les plus vulnérables sur l’autel de la baisse d’impôt. En outre, les communes devront assurément compenser une partie de ces réductions, car elles sont aux premières loges pour répondre aux besoins de la population. 

Le POP appelle donc à faire front pour défendre les prestations à la population et les conditions de travail du service public, et proposera de nouveaux revenus pour que l’initiative ne pénalise pas les plus précaires et la classe moyenne.