La déclaration d’impôt 2025 est arrivée avec une petite surprise. Y était joint un document contenant plusieurs informations, dont celle d’une baisse d’impôts de 3,5%. Sans mise en relation avec un revenu, cela ne veut pas dire grand-chose. Par exemple, la baisse sera d’environ 50 francs par an pour un couple marié avec deux enfants gagnant 75’000 francs. Pour une personne célibataire sans enfants, cela représente 240 francs annuels. À partir de 250’000 francs par an, la baisse est de 900 francs pour une famille, 1320 francs pour un célibataire. Cette communication laisse croire à un allègement fiscal généralisé, mais seuls les gros revenus en profitent. Celle-ci intervient dans le contexte que nous connaissons: 331 millions de francs manquent dans les caisses de l’État. Dès 2026, le secteur de la santé, les universités, les institutions sociales et l’ensemble des personnes subsidiées devront passer à la caisse.
Le même document se veut pédagogique, en expliquant aux contribuables comment leurs impôts sont dépensés. «Sur 100 francs, l’État prévoit de dépenser…»: 30,02 pour la prévoyance sociale, 27,83 pour l’enseignement etc. Sans explication, ces chiffres sous-entendent que l’État dépense trop pour le social. Les dépenses prévues pour la prévoyance sociale comprennent pourtant des frais d’hébergement et de soins à domicile, la politique familiale, les subsides d’assurance maladie, les bourses d’études, les aides au logement, les prestations complémentaires. Une bonne partie de la population est concernée par ces compléments à des revenus trop bas, obligeant l’État à compléter les frais d’assurance et de logement, notamment. Le chiffre qui compte n’est pas le pourcentage de participation de l’État, c’est le décalage entre ce que gagnent les personnes et le coût de la vie.
Juste après les mesures d’austérité, ce document ressemble à de la propagande masquée pour les baisses fiscales, adressant à la population un message bien ambigu et un triste manque de considération.
Karine Clerc, Renens

