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En décembre dernier, le syndic socialiste de Lausanne, Grégoire Junod, évoquait l’idée d’un abonnement général à 100 francs pour les jeunes jusqu’à 25 ans. Le 10 mars suivant, socialistes et verts refusaient, avec la droite, l’initiative du POP en faveur de la gratuité des transports publics dans le Canton de Vaud au Grand Conseil.
Longtemps considérée comme utopique, la gratuité des transports publics a fait son petit bonhomme de chemin ces vingt dernières années. Toujours plus de villes l’appliquent, avec des résultats toujours positifs. L’exemple le plus marquant est sans doute celui du Luxembourg, qui applique la gratuité sur tout son territoire depuis le 1er janvier 2020.
Dans notre canton, c’est le POP qui a le plus poussé en faveur de cette mesure, et ce, depuis les années 1990. En 2010, le Grand Conseil refusait une initiative parlementaire sur la gratuité du député popiste Bernard Borel. En 2016, les Jeunes POP Vaud déposaient une pétition allant dans le même sens, munie de presque 4000 signatures, qui n’a pas abouti. Jusqu’ici, ni le Parti Socialiste, ni les Verts, ne se sont montrés favorables à cette mesure. L’intervention du syndique PS M. Junod est-elle cependant un signe que le vent tourne au sein des rangs du centre-gauche ?
Une avancée rejetée par le Grand Conseil
Le Grand Conseil s’est penché sur l’initiative parlementaire déposée en décembre 2018 par Vincent Keller du POP. Rejetée par les Verts, le PS ainsi que la droite, l’initiative a été bien accueuille par le Centre et les Verts libéraux. Preuve que les arguments apportés du popiste ont su convaincre : effet positif pour l’environnement, désengorgement des routes, soulagement du budget des ménages. Comme on peut s’en douter, la question du financement reste le point d’anicroche. Cette mesure est-elle donc réalisable ? Afin de répondre, regardons un peu ce qui se passe ailleurs.
Le Luxembourg, qui va appliquer cette mesure, compte environ 600’000 habitants, soit 200’000 de moins que le Canton de Vaud. L’idée serait-elle donc applicable financièrement chez nous aussi ? Avant de nous plonger dans les chiffres, voyons déjà ce que révèlent les études réalisés dans les villes qui ont appliqué cette mesure.
La gratuité est efficace
Les quatre plus grandes villes ayant instauré la gratuité totale sont Aubagne, Dunkerque et Châteauroux en France, ainsi que Tallinn en Estonie. Les études qui y ont été réalisés montrent qu’une hausse de la fréquentation allant de 15 % sur un an à Talinn à 150 % sur trois ans à Aubagne a été observée. Par ailleurs, on observe qu’en un an la part de la voiture a diminué de 5 % à Talinn, que le trafic routier a baissé de 10 % à Aubagne et que 50 % des dunkerquois disent avoir réduits leurs trajets en voiture. La gratuité est donc indéniablement efficace, car ces résultats auraient été impossibles à obtenir en si peu de temps avec d’autres mesures.
Lorsque l’on lit les commentaires sur les réseaux sociaux, ce sont les incivilités et la qualité du service qui inquiètent beaucoup les usagers. Or il ressort clairement des études que dans aucun cas les incivilités n’ont augmenté. Gratuité ne rime donc pas avec baisse de qualité, au contraire, le taux de satisfaction augmente grandement dans toutes les villes où la gratuité a été appliquée.
La gratuité est finançable
Qu’en est-il du coût ? Le POP Vaud estime que la gratuité en terre vaudoise représente une surcharge de 230 millions pour les collectivités publiques. Un coût aisément finançable par deux moyens : 1. Une hausse de 1,9 % de l’impôt sur les bénéfices de entreprises, 2. Une ponction de 130 millions prise sur le bénéfice réalisé chaque année par l’État de Vaud qui est depuis plusieurs années largement bénéficiaire (140 millions en 2018).
Pourquoi ces deux sources ? Car tant les bénéfices des entreprises que le bénéfice de l’État de Vaud sont issus de la richesse produite quotidiennement par les travailleurs et travailleuses de notre canton. Et faire retomber une plus grande partie de la richesse produite, dans la poche de ceux-là même qui l’ont produite, c’est le cœur de toute politique économie progressiste. La gratuité des transports publics se ferait ainsi un moteur de cette justice économique et sociale.
Faire rimer écologie et développement local
Le financement de la gratuité n’est pas un coût pour les pouvoir publics mais un investissement dans l’économie locale. En effet, les dépenses en matière de transport représentent une part non négligeable des vaudois (8 à 10 % en moyenne en Suisse), en particulier de ceux des communes périphériques. La gratuité permettrait de rediriger ces dépenses dans l’économie locale vaudoise, permettant ainsi de dynamiser le petit commerce des régions qui en ont cruellement besoin.
Aux yeux du POP, la gratuité des transports publics constituer l’axe centrale d’une écologie populaire qui ne soit pas basée sur des taxes anti-sociales, mais qui donne à tout le monde les moyens d’être écolo sans en souffrir. Une mesure écologique qui défend la population et change le système et non l’inverse !
Luca Schalbetter
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