[cmsms_row data_padding_bottom= »50″ data_padding_top= »0″ data_overlay_opacity= »50″ data_color_overlay= »#000000″ data_bg_parallax_ratio= »0.5″ data_bg_size= »cover » data_bg_attachment= »scroll » data_bg_repeat= »no-repeat » data_bg_position= »top center » data_bg_color= »#ffffff » data_color= »default » data_padding_right= »3″ data_padding_left= »3″ data_width= »boxed »][cmsms_column data_width= »1/1″][cmsms_featured_block animation_delay= »0″]
Ce livre nous invite à porter un regard critique sur l’idéologie dominante héritée de la propagande anti-communiste des pays capitalistes concernant l’histoire de l’agriculture. En cela, il est un outil théorique indispensable pour comprendre comment s’articulent l’agroécologie – pratique productive protégeant véritablement l’environnement tout en satisfaisant les besoins fondamentaux humains – et le socialisme, unique état politique permettant d’appliquer ces principes et ces techniques à l’échelle nationale d’abord, puis globale ensuite.
L’impossible transition éco-capitaliste
De la bourgeoisie à certains militants écologistes, en passant par les décroissants et les survivalistes, d’aucuns crierons au dogmatisme suite à cette assertion. Pourtant, l’histoire de l’URSS et plus récemment celle de Cuba constituent la démonstration (et la preuve vivante pour Cuba) que seul un Etat socialiste peut se donner les moyens de planifier une écologie réelle qui ne se satisfait pas de petits îlots bio (dont la production est destinée à quelques privilégiés) au milieu d’un océan d’agro-business destructeur des sols et exploitant une main d’œuvre surexposée aux dangers des substances chimiques. Il apparaît même que c’est le capitalisme qui fait preuve d’un dogmatisme patent sur la façon de produire les denrées alimentaires, productiviste par définition car surdéterminé par l’accumulation du capital et la quête du profit immédiat et maximal. En effet, une agrobiologie scientifique qui améliorerait les sols et par la même diminuerait drastiquement l’usage d’intrants chimiques ne serait en rien positive pour la plus-value puisque les capitalistes ont avantage à se livrer à une culture frénétique et forcenée afin d’augmenter les rendements sur le court terme. Ils n’ont même pas à se soucier de la régénération des sols puisqu’ils prétendent dépasser l’épuisement de la terre à coup de renfort d’engrais chimique, d’hormones, de pesticides et de semences non reproductibles.
Structure socialiste et agroécologie : la formule réaliste
Dès 1921, la Russie soviétique s’attela à développer les forces productives d’un vaste territoire encore très largement féodal, permettant ainsi d’accumuler assez de capital national pour passer aux premières étapes d’une construction socialiste. Cette nouvelle politique économique (la NEP de Lénine) n’était autre que la concrétisation d’un choix transitoire et, quoiqu’on puisse en penser, cette tactique était juste à ce moment précis de la lutte. Il n’a néanmoins jamais été question de productivisme (au sens de « produire pour produire » qui est la tendance capitaliste à l’agro-business) puisque le but final était l’élévation de la qualité de vie et la satisfaction des besoins alimentaires du peuple soviétique ainsi qu’une accumulation de ressource préalable indispensable à la construction du socialisme.
Les progrès scientifiques couplés au progrès infrastructurel du pays ont permis de commencer une agroécologie socialiste à une échelle incomparable aujourd’hui. En 1948, après cette période d’accumulation de savoir et de richesses, l’URSS fut en mesure d’établir son « grand plan de transformation de la nature » dont les objectifs étaient d’augmenter la production agricole par le développement d’une agriculture extensive. Contrairement à l’agriculture intensive qui vise, lorsque les surfaces cultivables sont limitées, à « doper » les sols et les plantes avec des hormones, des engrais chimiques et des pesticides, la stratégie extensive consiste à produire avec le même rendement par hectare, mais en élargissant toujours plus les surfaces cultivées. Le grand plan consistait entre autres choses à limiter l’érosion des sols et à en faciliter la rétention en eau grâce à la multiplication des bandes forestières faisant notamment office de brise-vent ; à imposer une rotation des cultures qui permettent la régénération des sols par définition interdite par l’agriculture intensive ; à appliquer la polyculture, cette technique, inventée par des savants russes, qui permet d’éviter les pesticides chimiques ; etc. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire un « plan de protection de la nature qui devait fournir aux hommes les moyens de leur subsistance de façon durable, fondé sur l’agriculture biologique et l’agroforesterie était mis en œuvre à l’échelle d’un pays, sous l’impulsion de son Etat, et ce grâce à sa structure socialiste centralisée » (p.73). Ce n’est qu’à partir de la deuxième moitié des années 50, soit peu de temps après la mort de Staline et sous l’impulsion de Khrouchtchev, dont le réformisme libéral et la trahison du marxisme ne sont plus à prouver, que l’agriculture soviétique s’orienta vers une stratégie agricole intensive et chimique, imitant par là le modèle américain.
Une lecture enrichissante
Entre autres pépites, ce livre démontre, éléments concrets à l’appui, que les piliers de l’écologie actuelle en matière d’agriculture, tels la science des sols, etc., ont été développés en URSS et que la sécurité alimentaire d’un pays est intimement liée à sa souveraineté. Nous ne pouvons ainsi qu’en conseiller sa lecture.
Par Antonin Zurbuchen article publié dans Résistance journal du POP Vaudois
Référence de l’ouvrage. Guillaume SUING, L’écologie réelle : une histoire soviétique et cubaine, Paris, Les éditions Delga, 2018
[/cmsms_featured_block][/cmsms_column][/cmsms_row]