Par Bernard Borel, Conseiller communal Aigle

Interpellation Bernard Borel et consorts au nom du PSA-POP :

Jusqu’où les disfonctionnements du « Clin d’œil » empêcheront-ils d’avoir une politique de la jeunesse cohérente à Aigle, pilotée par la municipalité ?

Les disfonctionnements du « Clin d’œil » ont déjà fait l’objets de nombreuses questions au Conseil Communal dont une interpellation en mars 2011, que je mets en annexe pour rappel, et qui posait de nombreuses questions restées sans réponse à ce jour. Au lieu de s’améliorer, la situation au « Clin d’œil » est à nouveau très conflictuelle. Je rappelle que la Fondation « Clin d’œil » a été conçue pour créer et administrer un lieu « décent » pour l’AJA (cf. annexe). En effet, en 1997,selon le préavis2005-10, la paroisse réformée d’Aigle cédait la chapelle à une nouvelle Fondation (Clin d’Œil) avec charge de la remettre en état et de continuer ainsi à y recevoir des jeunes dans de meilleures conditions. Cette Fondation a reçu un soutien financier de 500 000 frs du Conseil Communal, suite au préavis 2005-10, pour rénover le bâtiment sis à la rue du collège 5.

D’ailleurs, la commune paie encore un amortissement annuel, comme on peut le voir dans l’analyse des comptes. Le montent payé par la commune correspond à près de la moitié du crédit de rénovation présenté alors par la Fondation le « Clin d’œil ».

En 2010, suite au conflit entre l’AJA et la Fondation « Clin d’œil » (qui brusquement exigeait un loyer plus élevé et restreignait les locaux disponibles), l’AJA s’est exilée dans les locaux du « Moulin neuf », qui se sont révélés non conformes aux normes ECA pour ce type d’utilisation, et est actuellement hébergée dans les locaux de l’ancienne cabane des scouts et dans un container sis en face. C’est dire que l’AJA qui devait avoir des locaux adaptés à sa mission se retrouve toujours dans des locaux insalubres et provisoires. Cette seule situation doit nous interpeller , d’autant que la municipalité va devoir trouver dans les mois qui viennent un lieu plus définitif pour l’AJA, qui perd beaucoup d’énergie dans ces déménagements. Il faut néanmoins souligner le bon travail fait par l’AJA dans ces conditions difficiles et son dynamisme pour proposer ou encadrer des activités de jeunesse à Aigle.

Depuis 2011, KFM life, association qui a pour but de promouvoir la Break Dance et le Hip-hop, a, elle aussi, dû renoncer à utiliser les locaux du « Clin d’œil » au vu du loyer trop élevé et des problèmes survenus avec le président de la fondation le « Clin d’œil », malgré son travail qui a été reconnu à juste titre par la municipalité. Après avoir pu être abrité au Moulin neuf le temps où l’AJA s’y trouvait, KFM se trouve en difficulté pour trouver un lieu approprié pour travailler.

Actuellement, c’est au tour de l’association Illistreetprod d’avoir des problèmes avec la Fondation « le Clin d’œil ». Il y a maintenant 4 ans que l’idée de créer un studio d’enregistrement à Aigle est née. Les jeunes d’Aigle en partenariat avec la commune, les associations jeunesses de la région et le commissaire de la Police d’Aigle ont réunis leur force pour que ce projet puisse voir le jour. Ils ont bénéficier d’une subvention de 7500 frs du « Groupe d’Intérêt Jeunesse » (obtenue grâce à la gestion de M. Lopez, président du « Clin d’œil »), puis ont mis une somme au moins équivalente pour réaliser le studio. Plus de 80 jeunes et bénévoles ont participé à la construction et la rénovation des combles du bâtiment. Les jeunes ont aménagé ce local de musique en se débrouillant par leur propre moyen en trouvant du matériel récupéré (parquet, portes, canapé, table) . Ce local installé dans les combles de l’immeuble du « clin d’œil » n’est pas chauffé et n’a pas un système électrique réellement adapté à un studio d’enregistrement, et pourtant la Fondation le « Clin d’œil » a décidé dès janvier 2013 de facturer un loyer de 500 frs par mois. Cette situation est intervenue quand les membres du comité ont osé questionner le fonctionnement interne du « Clin d’œil » ce qui n’a pas été du goût du président de la Fondation. Il est important de rappeler ici que la Fondation le « Clin d’œil » n’a pas d’intérêts ni d’amortissements à payer sur le bâtiment, n’ayant donc que des frais de fonctionnement à rentabiliser.

3 histoires qui se ressemblent et qui minent actuellement l’enthousiasme de jeunes, à priori motivés, qui essaient, chacun avec sa spécificité, de faire partager leur passion ou de rassembler des jeunes d’Aigle ou des environs autour d’ activités adaptées et motivantes pour eux.

Par ailleurs, il faut rappeler que la Fondation le « Clin d’œil » loue depuis au moins une année ses locaux à une ergothérapeute, qui en a fait son lieu de consultation privé.

Enfin, il est bon de signaler que, lorsqu’on écrit une lettre ä la Fondation le « Clin d’œil », à l’adresse indiquée sur le site, le courrier revient à l’expéditeur, comme nous en avons fait l’expérience.

Je me permets donc de demander à la Municipalité, en plus des réponses aux questions de l’interpellation de 2011, que le Conseil Communal n’a jamais obtenues malgré de nombreux rappels,  de bien vouloir répondre aux inquiétudes suivantes:

  1. La Municipalité ne trouve-t-elle pas le loyer exigé à l’association Illistreetprod par la Fondation le « clin d’œil » totalement disproportionné et même dissuasif pour des jeunes, qui ne tirent aucun bénéfice de leur travail ?
  2. Le seul fait d’exiger un loyer est-il, selon la Municipalité, conforme aux buts assignés au « Clin d’œil », buts qui avaient motivé le Conseil Communal à soutenir financièrement la transformation de l’immeuble ?
  3. La Municipalité considère-t-elle que de louer le « Clin d’œil » à une ergothérapeute (par ailleurs excellente), qui en a fait son cabinet privé, entre dans les missions prévues dans les but de la Fondation ?
  4. Pourquoi, alors qu’un avenant au contrat du « Clin d’œil » le spécifie aucun représentant de la Municipalité ne siège au comité de ladite Fondation ?
  5. La Municipalité ne considère-t-elle pas qu’il est temps de faire un audit de la fondation « le Clin d’œil » ou d’entamer une procédure judiciaire à son encontre?
  6. Existe-t-il réellement un accord écrit qui attribue à la Fondation le « Clin d’œil » la gestion du bâtiment sis rue du collège 5, dans la mesure où cette Fondation a été créée pour la rénovation et la mise à disposition du bâtiment aux associations de jeunesses aiglonnes, sans mandat initial de gestion ?.
  7. Enfin, la Municipalité ne souhaite-t-elle pas que le local de la rue du collège 5 bénéficie enfin à la jeunesse aiglonne ?

 

Merci à la municipalité de ses réponses écrites, dans les délais légaux.

Aigle 16 mai 2013 Pour le PSA-POP

Bernard Borel